Écriture
je ne prends ni ne donne
je reste au seuil de moi-même
les mains fermées,
comme si recevoir était une faute
et offrir, une perte
et pourtant il est là
cet occupant silencieux
plus ancien que mes refus
plus patient que mes peurs
il habite chaque pièce que je déserte
chaque mot que je retiens
je fais de moi une porte close
et lui, ne frappe même plus
il attend
sans attente
car il sait déjà
il sait mes retraits
mes absences à moi-même
mes refus de lumière
et dans ce savoir
il n’y a ni reproche
ni distance
seulement ce pardon
qui ne demande rien
qui ne s’use pas
qui ne dépend que de moi
et parfois
dans le tremblement d’un instant
je sens
que je n’ai jamais été seule
que ce que je fuis
ne me quitte pas
alors mes mains s’entrouvrent
à peine
comme une mémoire qui revient
et dans ce presque rien
déjà
tout circule